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Pourquoi demander de l'aide ?
Une approche non-duelle de la demande, de la guidance et du soutien
Dans notre quotidien, il est fréquent de nous retrouver face à des situations qui nous déstabilisent. Une relation qui se tend, une décision difficile à prendre, une perte, une peur qui surgit, un inconfort émotionnel ou existentiel. Lorsque ce qui se déroule devant nous génère des sensations désagréables — tensions dans le corps, agitation mentale, tristesse, colère ou sentiment d’impuissance — un réflexe profondément humain apparaît presque automatiquement : demander de l’aide.
Cette aide peut prendre différentes formes. Nous la cherchons auprès d’une personne extérieure, d’un thérapeute, d’un guide, d’un enseignant spirituel, d’une tradition religieuse, d’une pratique, ou encore à travers la prière, l’intuition ou une guidance intérieure que nous pensons plus sage, plus claire ou plus élevée que nous à cet instant précis de notre vie.
Mais si l’on s’arrête un moment, avec honnêteté et lucidité, une question essentielle mérite d’être posée : pourquoi est-ce que je demande de l’aide, exactement ?
La demande d’aide : un geste innocent… ou une fuite subtile ?
Est-ce que je demande de l’aide pour me sortir d’une situation que je juge mauvaise, injuste ou insupportable ? Est-ce parce que je refuse de ressentir ce que cette situation fait émerger en moi — peur, tristesse, vulnérabilité, colère, impuissance ? Ou encore parce que je crois profondément que « cela ne devrait pas exister », que « cela n’aurait jamais dû arriver », et que je ne veux surtout pas le regarder en face ?
Très souvent, sans même nous en rendre compte, la demande d’aide est teintée d’une résistance intérieure. Elle devient alors une tentative de fuite élégante, spirituelle ou moralement acceptable. Une prière silencieuse qui dit en réalité : « Que quelqu’un me sorte d’ici. Que cela cesse. Que cette expérience disparaisse ou se transforme rapidement en autre chose. »
Dans ce cas, nous ne demandons pas tant de l’aide que l’évitement de l’expérience. Nous cherchons une solution extérieure, un sauvetage, une réponse qui viendrait nous dispenser de traverser pleinement ce qui est là.
La vision non-duelle : quand la réponse ne correspond pas à l’attente
Dans une approche non-duelle, cette dynamique est doucement mise en lumière. Car lorsque je me tourne vers le Christ — compris ici non pas comme une figure extérieure, mais comme le regard intérieur qui ne juge pas — lorsque je me tourne vers le Saint-Esprit — l’esprit sain, l’esprit unifié, non fragmenté — ou vers toute autre expression du divin vivant en moi, la réponse ne correspond pas toujours à ce que l’ego attend.
Pourquoi ? Parce que la réponse est toujours la même.
L’Amour.
Un amour qui ne négocie pas avec la peur. Un amour qui ne supprime pas les situations inconfortables. Un amour qui ne promet pas d’effacer l’expérience ou de la contourner.
Il s’agit d’un Amour total, inclusif, inconditionnel, qui embrasse absolument tout ce qui est là. Un amour qui n’exclut ni l’ombre, ni la douleur, ni la confusion. Un amour qui ne nie rien, ne rejette rien, ne combat rien.
Et c’est précisément là que la compréhension non-duelle devient radicale.
Demander de l’aide : pour fuir… ou pour aimer ?
Face à cette évidence, une question plus profonde émerge naturellement : Est-ce que je demande de l’aide pour fuir ce que je vis ou pour apprendre à le traverser avec Amour ?
Car dans la vision non-duelle, l’aide véritable ne consiste pas à être extrait de l’expérience, mais à être soutenu dans sa traversée. Il ne s’agit pas de changer immédiatement ce qui se passe à l’extérieur, mais de transformer notre manière d’y être présent.
La seule demande réellement alignée avec cette compréhension pourrait alors devenir :
« Aide-moi à traverser cette situation avec Amour. Aide-moi à la vivre avec Ton Amour, qui est en réalité identique au mien. »
Cette demande change tout. Elle ne cherche plus à supprimer l’expérience, mais à la transmuter de l’intérieur. Elle ne demande plus que la peur disparaisse, mais qu’elle puisse être accueillie. Elle ne cherche plus à contrôler, mais à s’ouvrir.
Le miracle non-duel : un changement de regard
C’est à cet endroit précis que le « miracle » opère, au sens non-duel du terme. Non pas comme un événement spectaculaire ou une résolution immédiate des circonstances extérieures, mais comme une transformation radicale de notre posture intérieure.
Le regard change. La résistance se relâche. La séparation imaginaire entre « moi » et « ce qui arrive » commence à se dissoudre.
Une réponse d’Amour se déploie alors, non pas comme une émotion euphorique, mais comme une présence stable, profonde, inébranlable. Une force douce mais infiniment solide, qui nous porte d’une manière telle qu’il devient impossible de chuter intérieurement.
Car lorsque l’on est porté par l’Amour total, il n’y a plus rien contre quoi lutter, plus rien à fuir, plus rien à corriger.
Le véritable soutien
Dans cette perspective, le véritable soutien n’est pas une main extérieure qui nous retire de l’expérience, mais l’Amour qui nous permet de la traverser pleinement, debout, présent, unifié.
Un Amour qui ne promet pas le confort, mais la vérité. Un Amour qui ne supprime pas les vagues, mais nous apprend à les laisser nous traverser sans nous noyer.
Et dans cet Amour-là, la notion même de « demande » se transforme. Elle cesse d’être une imploration adressée à un autre. Elle devient une reconnaissance silencieuse de ce qui est déjà là, de ce qui a toujours été là.
Car dans la vision non-duelle, l’aide que nous cherchions à l’extérieur était depuis le début notre propre nature.
- Inspiré de mes questionnements et expériences de vie avec l'accompagnement de "Un cours en miracles " UCEM